La vie devant soi

Pour fêter Matera, capitale de la culture 2019, Radio 3 a réalisé les 21, 22 et 23 septembre une série d’émissions sur le thème « global/local ». L’acteur italien Silvio Orlando, accompagné de musiciens, y a lu le roman d’Émile Ajar (pseudonyme de Romain Gary) « La vie devant soi »: à écouter ICI.

Une bonne occasion pour découvrir ce superbe livre et pourquoi pas de le lire en français (disponible à la médiathèque de l’Institut !)

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« Est-ce qu’on peut vivre sans amour? »

En 1956, Romain Gary reçoit le Prix Goncourt pour son roman, «Les Racines du Ciel».

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Le premier Goncourt de Romain Gary

Près de vingt ans plus tard, en 1975, l’Académie Goncourt décerne son prix annuel à Emile Ajar, qui a déjà publié «Gros Câlin» et qui se présente comme le pseudonyme de Paul Pavlovitch, jeune neveu de Romain Gary.

«La Vie devant soi» se vendra à plus d’un million d’exemplaires. Le 2 décembre 1980, Romain Gary met fin à ses jours, quelques mois après son ex-femme Jean Seberg, l’inoubliable actrice d’«A bout de souffle». Le 30 juin 1981, un comité de l’AFP annonce la véritable identité d’Emile Ajar : c’était Romain Gary qui, grâce à ce procédé, est à ce jour le seul romancier à avoir obtenu deux fois le prix littéraire le plus prisé de France.

Gary qui ne cherchait pas cette seconde consécration mais voulait seulement «recommencer» (auteur de 19 romans sous son nom, il avait l’impression de ne plus surprendre personne) et surtout S’AMUSER…


« La Vie devant soi »… La vie de Momo, le petit Arabe qui vieillira de quatre ans d’un seul coup, le jour où son père mourra sous ses yeux ; son père assassin de sa mère ; sa mère prostituée. Cela ressemble à une tragédie, et c’est pourtant un sourire qui vient le plus souvent aux lèvres du lecteur tout au long de ces pages dont Momo est le narrateur alerte et faussement maladroit. Qui ne connaît cette histoire immortalisée par le film de Moshe Misrahi, avec une émouvante Simone Signoret dans le rôle de Madame Rosa, la vieille femme au gros cul et au coeur grand comme ça ?

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La vieille pute trop vieille pour « se défendre avec son cul» et qui ouvre un clandé pour enfants de putes. La vieille Juive qui n’a peur que de deux choses : du cancer et d’Adolf Hitler (mais y a-t-il vraiment une différence ?) si bien qu’elle s’est ménagé un « trou juif » dans les caves de l’immeuble de Belleville où elle traîne son asthme et ses jambes fatiguées, dans son quatrième sans ascenseur, entre les frères Zaoum, déménageurs de pianos, Monsieur N’Da Amédée, le plus beau «proxynète» du quartier, avec son joli costume rose, Mademoiselle Lola, la travestie ancien champion de boxe au Sénégal, Monsieur Hamil et son éternel livre de Victor Hugo. Monsieur Hamil qui répond oui, en baissant la tête comme s’il avait honte, quand Momo lui demande : «Est-ce qu’on peut vivre sans amour ?»


Entre les lionnes qu’il imagine dans ses fantasmes, le parapluie Arthur, son seul compagnon, et le chien Super qu’il vendra pour cinq cents francs immédiatement jetés à l’égout, Momo se forge une personnalité. On peut vivre sans amour ? Peut-être. Mais lui a l’amour de Madame Rosa. Un amour au moins égal à celui qu’il lui porte. Et c’est au nom de cet amour qu’il l’aidera à ne pas finir à l’hôpital ; à ne pas finir comme un légume que l’on ne peut « avorter » malgré le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. si bien qu’à la fin, c’est une larme qui remplace le sourire.


« J’ai cessé d’ignorer à l’âge de trois ou quatre ans et parfois ça me manque . » « Le soleil avait l’air d’un clown jaune assis sur le toit. » « Elle avait laissé au moins cinq mètres de parfum derrière elle. » Ces phrases, d’un jeune auteur très mode, très café de Flore, très vingt et unième siècle ? Non. Il y aura vingt-sept ans à l’automne, un romancier à l’âge de la retraite. Un sexagénaire qui s’amuse, qui joue un bon tour à tout le monde. Un tout jeune homme, quoi. Romain Gary…

Source : Critique de livres.com

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