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«L’homme a mangé la Terre», ou comment nous avons basculé dans l’anthropocène

Centrale à charbon dans la province du Shanxi, en Chine, le 19 novembre 2015.




Un documentaire diffusé ce mardi sur Arte retrace l’histoire mondiale de l’industrialisation qui a causé un impact irréversible sur la nature.

L’homme a émis tellement de CO2 en 200 ans, a extrait tellement de ressources que nous avons basculé dans une nouvelle ère géologique : l’anthropocène. L’industrialisation effrénée a durablement marqué la terre, l’atmosphère, les glaces de la planète. Comment a-t-on réussi à causer autant de dégâts en si peu de temps ? «Imaginez. Si l’on rapporte l’histoire de notre planète à une journée de 24 heures, l’homme est apparu dans les 5 dernières secondes. Et l’époque de l’anthropocène, c’est-à-dire l’époque industrielle, serait apparue dans les 2 derniers millièmes de seconde», rappelle en préambule l’Homme a mangé la Terre. Le documentaire revient aux sources de la crise écologique actuelle et décrypte en détail les étapes de la course au développement lancée au début du XIXe siècle. Il explique comment les effets délétères des activités humaines ont fini par s’accumuler.

Emballement

Pas d’interviews de scientifiques ou de responsables politiques, seulement une voix off pour narrer l’histoire de deux siècles de surexploitation de notre planète. Les images d’archive, musiques d’époque, publicités hallucinantes s’enchaînent. Des débuts du charbon en Angleterre à l’arrivée du pétrole américain, en passant par le colonialisme, on suit l’accélération de l’extractivisme. Les manœuvres des gros industriels, par exemple pour limiter le tramway électrique outre-Atlantique au profit de l’automobile, et les occasions ratées des politiques pour promouvoir des modes de vie plus durables sont aussi racontées.

Les deux guerres mondiales, suivies par la guerre froide, n’ont rien arrangé. Le documentaire explique comment «en mobilisant son génie scientifique pour tuer l’ennemi, l’homme a appris à tuer le vivant en général». Chimie, nucléaire, on mesure l’ampleur des inventions recyclées dans l’industrie civile. L’avènement de la société de consommation, à grand renfort de plastique, d’agriculture intensive et d’urbanisation, a fini le travail d’épuisement de la nature. La révolution numérique actuelle, gourmande en électricité et en minerais rares, semble aller dans la même direction.

Le réalisateur Jean-Robert Viallet met finalement en lumière ce que le «progrès» peut avoir de monstrueux. Cette séance de flagellation a le mérite de bien identifier ce qui a conduit à la situation actuelle. On en sort un peu écœuré comme après avoir mangé trop de chocolat, indigestion de consumérisme et de productivisme insensé, et avec l’envie d’arrêter le train qui s’est emballé.

L’homme a mangé la Terre, documentaire de Jean-Robert Viallet avec la voix de Jacques Bonnaffé, disponible jusqu’au 28 juin sur le site d’Arte, 1 h 39.

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