Journée de deuil national


Après l’hommage populaire qui a vu défiler des milliers de personnes aux Invalides, la mémoire de l’ancien président de la République Jacques Chirac, mort jeudi à l’âge de 86 ans, va être honorée de manière plus solennelle et officielle, lundi 30 septembre. Une journée de deuil national a été décrétée, pour la huitième fois seulement depuis le début de la Ve République, en 1958, comme après les décès de Charles de Gaulle, en 1970, Georges Pompidou, en 1974, et François Mitterrand, en 1996.

Mais qui était Jacques Chirac ? Voici une petite vidéo du FIGARO retraçant la vie du président français de 1995 à 2007


SA VIE POLITIQUE

Jacques Chirac restera l’un des personnages politiques les plus populaires de la VeRépublique, tant pour son caractère haut en couleurs que pour son côté grand fauve politique. 

Avec son allure de jeune premier, Jacques Chirac aurait pu faire une carrière de comédien. Mais c’est la politique qu’il choisit.

Sait-il déjà en 1965 lors de son premier mandat, comme conseiller municipal à Saint Ferréol en Corrèze, que la France toute entière deviendra son destin  ? Durant toute sa carrière, Jacques Chirac serre des milliers des mains. Il n’hésite pas non plus à partager le verre de l’amitié. La politique est justement pour lui une affaire d’hommes et d’amitiés.

Son mentor Georges Pompidou le qualifie de « Bulldozer » tant rien n’est susceptible de stopper le jeune ambitieux. Et en politique on ne donne rien : il faut prendre. 

Député de Corrèze, le jeune énarque passe de secrétariats d’Etat en ministères. Jamais loin de lui, son épouse Bernadette, rencontrée sur les banc de Sciences Po, son garde-fou, son cerveau droit durant toute sa carrière.

Amitiés et trahisons


En 1974, il lâche Jacques Chaban-Delmas, dans sa quête présidentielle, au profit de Valéry Giscard d’Estaing le centriste. Giscard, élu président, le nomma Premier ministre. L’entente tourna court. Chirac claqua la porte.

Je ne dispose pas des moyens que j’estime aujourd’hui nécessaires pour assumer efficacement mes fonctions de Premier ministre.

Jacques Chirac, 25 août 1976

Le propre en politique selon Jacques Chirac est de ne jamais tomber mais de rebondir.
Nouvelle ère, naissance du parti gaulliste le RPR. Une machine de guerre dont l’objectif est de le mettre sur orbite vers la présidentielle.

Première étape : la mairie de Paris qu’il souffle au nez et à la barbe du candidat de Valéry Giscard d’Estaing.

1986 : retour à l’Elysée dans le costume de Premier ministre. Première cohabitation de la Vème République, et nouvelle ambiance glaciale avec cet autre président, François Mitterand, qu’il affronte lors de l’élection présidentielle de 1988.

Ambiance tendue aussi lors du débat de l’entre-deux-tours, le 28 avril 1988, entre les deux hommes quand Jacques Chirac lance : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre. Et vous n’êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats à égalité, qui se soumettent au jugement des Français. Vous me permettez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. ».
 

Président de 1995 à 2007

Après deux candidatures et deux échecs à la présidentielle, Jacques Chirac est élu président en 1995. Une malencontreuse dissolution de l’Assemblée nationale deux ans plus tard, et la réélection en 2002 contre Jean-Marie Le Pen avec 82,1% au second tour. Une deuxième législature marquée par le « non » à Georges Bush pour la guerre en Irak.

Je veux donner toutes leurs chances au désarmement de l’Irak dans la paix.

Jacques Chirac, mars 2003

Autre moment retentissant et, pas si improvisé que cela, le 22 octobre 1996 à Jérusalem face au virulent service d’ordre israélien. « Qu’est-ce que vous voulez ? Que je prenne l’avion et rentre en France ? C’est cela que vous voulez ? Alors laissez-les faire. Il n’y a pas de danger, pas de problème. Ce n’est pas une méthode. C’est une provocation. »

Fin de mandat : Jacques Chirac est amoindri politiquement. Les affaires comme les emplois fictifs du RPR se rapprochent dangereusement. Jacques Chirac parle alors d’« histoires abracadabrandestesques ».

Amoindri aussi physiquement suite à un AVC en 2005. Les derniers mois de son mandat sont difficiles. Mai 2007, une image forte : il transmet la plus haute fonction à un autre animal politique envers lequel le ressentiment est toujours vif, Nicolas Sarkozy. Quatre ans plus tard, goguenard, il soutiendra son adversaire à la présidentielle : « Je peux dire que je voterai Hollande ».

La toute dernière apparition publique de Jacques Chirac date de 21 novembre 2014.
Il n’est visiblement, plus le même. La démarche, la poignée de main, plus rien n’était assuré. Le « Bulldozer » dont parlait Georges Pompidou ne pouvait plus bousculer grand-chose. L’émotion est visible chez ses proches et les adversaires d’hier, réels ou supposés.

Ce jour-là, l’ancien président s’installe dans l’auditorium du musée du Quai Branly. Ce lieu, consacré aux arts premiers d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques, qu’il a tant voulu, lui permet de faire partager son amour pour l’art : la statuaire africaine ou asiatique, la brutalité apparente et la complexité des codes.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.