Agriculture citoyenne : quand les alternatives fleurissent

L’edito carré : du lundi au vendredi dans le 7/9 de France Inter

Direction Mâlain à une vingtaine de kilomètre de Dijon.

Carte de Mâlain

Ce village bourguignon de 770 habitants qui s’étale au pied d’un bel éperon rocheux entouré de forêts est le théâtre depuis 2014 d’un projet qui expérimente l’autonomie alimentaire grâce à l’agriculture citoyenne.

Tout commence lorsque Léo et Myriam après 10 ans passés dans l’agglomération lyonnaise décident de changer de vie. Ils ont envie d’un projet qui favorise des initiatives hors du milieu urbain. Avec d’autres amis, ils décident de s’installer à Mâlain grâce à la mairie qui met à leur disposition un bâtiment de 800 mètres carrés habitables et trois hectares de terrains agricoles. Animés par l’envie de repeupler les campagnes, de créer une agriculture à taille humaine et respectueuse de l’environnement, ils imaginent plusieurs moyens leur permettant de construire une autre culture de l’agriculture et de l’alimentation.

Et comment s’y sont-ils pris concrètement ? 

Ce collectif, qui compte aujourd’hui 300 adhérents, a mis en place différentes structures comme par exemple un GFA, un groupement foncier agricole qui, a permis a plus d’une centaine de personnes d’acheter plusieurs hectares de terres en commun grâce à l’épargne solidaire. C’est ainsi que Myriam fait usage de ces terres dans le cadre de son élevage de poules pondeuses bio, tout comme Hélène avec son jardin potager en permaculture ou Cyril qui cultive des céréales dans le cadre de son activité de paysan-boulanger. 

Ils ont aussi donné naissance à l’association Risomes qui se présente comme une pépinière d’initiatives de la transition écologique et sociale. Le rhizome en biologie c’est la tige souterraine vivace généralement horizontale qui produit chaque année des racines et des tiges aériennes. Un milieu qui se nourrit par lui-même. L’idée de l’association est justement de faire en sorte que chacun puisse faire germer ses idées dans le cadre d’une démocratie participative où il n’y a ni président, ni bureau, ni conseil d’administration. 

Pour quels types de projets ?

L’association a par exemple travaillé sur une épicerie coopérative au sein du village. 

Un groupe de solidarité avec les migrants essaye de trouver des solutions de logements pour éviter les expulsions. Une commission d’enfants âgés de 5 à 11 ans se réunit pour savoir comment fonctionner entre eux sans adultes ! 

Et puis enfin, une université populaire propose des débats en lien avec la transition, les choix technologiques ou l’alimentation. Un groupe consacré à la biodiversité s’intéresse aux plantes pour comprendre la nature des sols et la disparition des insectes. 

Dans un contexte où le nombre d’agriculteurs en France ne cesse de baisser, l’enjeu est de créer une communauté de soutien à l’installation paysanne en opérant un retour à la terre. 

Ce samedi si vous passez par les Côtes d’or, une table ronde est organisée à la salle des fêtes de Mâlain sur le thème de « l’Agriculture nourricière et responsable ».

Et on en parlera cet AM dans la terre au carré.

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