Boris Vian

Dans une semaine, le 10 mars 2020, Boris Vian aurait eu 100 ans. L’occasion de (re)-découvrir l’un des artistes français les plus talentueux du XXème siècle.

TRANSCRIPTION


Boris Vian

Il est parmi la dizaine de noms qui resteront indissolublement liés au mouvement artistique de l’immédiate après-guerre. Il avait alors 25 ans. Boris Vian était né le 10 mars 1920 à Vildravet, à quelques kilomètres de ce Saint-Germain-des-Prés qu’il allait contribuer à faire connaitre au monde entier. Dès l’âge de 16 ans il se passionne pour le jazz, et découvre Duke Ellington. A 18 ans il apprend la trompette mais une faiblesse du cœur l’oblige à abandonner un an plus tard. Il entre alors à l’école centrale[1].

1940, l’occupation… En réaction à l’interdiction de la musique noire américaine, il reprend sa trompette.

1943 il est sociétaire à part entière des caves de Saint-Germain-des-Prés. Sartre, Queneau, Camus, Prévert sont ses amis. Il publie son premier roman « Vercoquin et le plancton ».

En 1946, sa maladie de cœur lui interdit définitivement de jouer de la trompette. Il se consacre alors à la littérature. Jacques Prévert illustre pour lui la couverture de l’écume des jours.

En 1947, cette année-là parait un roman qui fait scandale. Il s’intitule : J’irai cracher sur vos tombes. Il est l’œuvre d’un américain, Vernon Sullivan, c’est Boris Vian qui en a fait la traduction. Quelques temps après, certaines indiscrétions feront découvrir un vaste canular[2]. Boris Vian et Vernon Sullivan n’étant qu’une seule et même personne. Bien des gens devaient difficilement lui pardonner cette mystification, et la critique accueillit ses œuvres suivantes avec une froideur caractéristique.

Ses œuvres étaient Barnum’s digest, les fourmis, l’herbe rouge, l’arrache cœur.

Il s’intéresse également au théâtre. En 1950, le théâtre des noctambules crée de lui l’équarrissage[3] pour tous, vaudeville[4] anarchiste qui n’a aucun succès. Pourtant, la sous-commission du collège de pataphysique[5] fait un rapport excellent sur la pièce. Vian est nommé Satrape[6] et participe aux travaux du collège.

A partir de 1955, il partage ses activités entre la peinture, le tour de chant, la littérature et le cinéma. Il compose et enregistre des chansons. Jusqu’à ce 23 juin 1959 où une crise cardiaque le terrasse pendant une projection privée du film tiré de son roman J’irai cracher sur vos tombes. Il avait 39 ans


[1] École d’ingénieurs publique[2] Action, propos qui a pour but d’abuser de la crédulité de quelqu’un ; mystification, fausse nouvelle, farce.[3] Traitement des cadavres d’animaux non utilisés en boucherie pour en tirer la peau, les os, les graisses, etc.[4] Comédie légère fondée sur l’intrigue et le quiproquo.[5] Terme créé en 1894 par Alfred Jarry pour désigner une « science du particulier » qui apporte des solutions imaginaires aux problèmes généraux.[6] Du vieux perse xšaθrapāvan, signifiant « protecteur du pays », c’est le titre porté par certains membres du Collège de    Pataphysique

Une chanson : le déserteur

« Le Déserteur » est sans doute la chanson la plus célèbre de cet artiste polyvalent et engagé, en marge du surréalisme. La chanson « Le déserteur » fut écrite en 1954, probablement en réaction au recrutement pour la guerre d’Indochine, et juste peu avant le début de la guerre d’Algérie. Cette chanson prend la forme originale et provocatrice d’une lettre ouverte au président de la République de l’époque René Coty.

Véritable déclaration d’insoumission, la première version, jugée trop subversive ne trouve aucun éditeur. Même réécrit, « Le Déserteur »  sera interdit sur les ondes durant plusieurs années. Un long débat s’en suit notamment dans la presse.

Pour obtenir quand même sa diffusion et surtout rester dans le contexte pacifique du reste du texte, Boris Vian modifie les deux derniers vers. La version initiale des 2 derniers vers était: « que je tiendrai une arme, et que je sais tirer … ». Boris Vian a accepté la modification de son ami Mouloudji « que je n’aurai pas d’arme, et qu’ils pourront tirer » pour conserver le côté pacifiste de la chanson.

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