Procida

On parle de l’Italie sur France Inter et plus précisément de la très belle île de Procida !

Le petit port de la Corricella et ses maisons colorées, image emblématique de l'île de Procida

L’île de Procida : laboratoire du tourisme culturel de demain ?

En Italie c’est une petite île, la moins connue des îles de la baie de Naples, Procida, qui vient d’être élue capitale italienne de la Culture 2022. Une première pour une si petite commune, qui a convaincu avec un projet culturel et touristique novateur : serait-ce l’avenir du tourisme ?

TRANSCRIPTION DU REPORTAGE

Ils sont partis au beau milieu de la nuit, maintenant il est 15 heures : les pêcheurs rentrent à quai. Ils ont des poissons plein les filets. Avec ses quatre frères, Antonio est propriétaire de deux bateaux de pêche mais sur la Marina Grande ils ne sont plus très nombreux : « Avant on était bien plus ! Il suffit de remonter dix ans en arrière, ici sur la Marina Grande, il y avait une vingtaine de bateau de pêche, aujourd’hui on est cinq ou six. C’est dur, c’est un dur métier. Mais pour moi il n’y a rien de plus beau qu’être pêcheur ! Je dis toujours que c’est un métier que je ferais gratis ! _Le jour où il n’y aura plus la pêche à Procida, Procida sera finie_. »

Avec ses fils et ses neveux, la quatrième génération, Antonio déballe ses poissons dans des boites en polystyrène qu’il livre à la poissonnerie juste en face. Là où les habitants de l’île sont déjà nombreux à attendre le poisson. Ce qui ne se sera pas vendu sera d’ailleurs envoyé direction la terre ferme car ici, les habitants, on en prend soin.

Procida une île avant tout habitée 

Procida est l’île d’Europe où la densité de la population est la plus élevée : 10.000 habitants sur 4 km2. Son maire, Dino Ambrosino, s’attend à voir de plus en plus de touristes dès l’année prochaine, puisque l’île sera capitale de la Culture et qu’en moyenne ce « titre » permet d’augmenter de 20% le flux de touristes. Mais Dino Ambrosino table déjà sur un tourisme responsable :

« On ne peut pas se permettre toutes ces distractions que veulent certains touristes ! Il n’y a pas de discothèque permanente par exemple car – n’importe où sur l’île- cela dérangerait les voisins. Nous avons des touristes responsables qui choisissent une île responsable. »

Nous serons l’île capitale de la Culture, pas capitale de la musique ou du rock qui ferait venir un grand nombre de personne », explique le maire. « Ceux qui aiment vraiment la culture, qui voudront suivre nos rendez-vous, ne sont pas si nombreux… Et ça va continuer comme ça, tant mieux ! C’est ce qui permet d’avoir de vrais rapports avec les gens. »

La commune a déjà décidé d’investir le million d’euro obtenu grâce à son succès dans des travaux, pour restaurer quelques vestiges du passé comme le Palais d’Avalos. Il surplombe l’île et la mer depuis 1554, alors construit  par le cardinal d’Avalos pour se protéger des sarrasins. Et puis, début XIXe, le palais est transformé en prison, jusque dans les années 1980, où plus de 700 détenus étaient encore emprisonnés sur l’île. Mais depuis plus rien. Alors la commune de Procida s’est emparé du palais de 40.000 mètres carré sur quatre étages. Luigi Primario s’occupe de la rénovation urbaine, il a de beaux projets pour le palais :

« Tout le palais va devenir un pôle culturel, un vrai ‘hub’, ‘le hub Palais d’Avalos’. Il y aura une partie musée, avec l’histoire de Procida en chair et en os si l’on peut dire, avec les cellules des prisonniers que vous voyez… et puis la partie moderne avec des salles de conférence, d’exposition où les artistes et la population ont leur places. L’idée est de valoriser sans cesse ce palais. »

Île de la culture entre littérature et cinéma 

Procida est déjà littéraire avec le roman primé d’Elsa Morante « L’isola di Arturo », ou avec Alphonse de Lamartine bien avant qui tombe amoureux de « Graziella » à Procida. Et Procida aime aussi le cinéma. Philippe Noiret en 1994 joue dans « Le Facteur »(« Il Postino ») tourné en partie sur cette île belle et poétique. Et à l’époque Philippe Noiret se maquillait et se reposait dans un bungalow du camping de Giovanni qui, aujourd’hui hésite à vendre, car ils sont quatre frères et sœurs à se partager cet héritage, et, pour lui, le tourisme demain devrait changer… en bien :

« Ce sera un tourisme de qualité. Nous allons chercher à allonger la saison de quatre à sept voire huit mois avec des manifestations culturelles tout le temps ».

« Procida a réussi à maintenir un tourisme accessible à tous – ce n’est pas comme Capri où cela coûte très cher – mais inévitablement nous irons vers un tourisme un peu plus d’élite » reconnait Giovanni. « Et les prix devraient un peu augmenter ; pour faire une sélection aussi car sur cette petite île, on ne peut pas avoir de tourisme de masse ! »

De son camping, Giovanni a une vue magnifique sur les maisons colorés de la Corricella et sur l’une des dix plages de la petite Procida qu’il faut découvrir à pied.

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