La variation diachronique

Le français, comme toutes les langues, change en fonction de l’époque à laquelle on le parle (variation diachronique), du lieu où l’on parle (variation diatopique), de la situation (diaphasique) et de notre provenance sociale (diastratique).

La première de ces variations, la variation diachronique, concerne l’évolution de la langue dans le temps. Elle permet de distinguer les formes anciennes des formes plus récentes d’une même langue. On ne parle pas le français aujourd’hui comme nous le parlions il y a cent ans.

Cette évolution touche surtout la langue parlée, en effet l’écrit est par définition normé et donc stable. L’oral en revanche subit des changements phonétiques avant tout, lexicaux et enfin grammaticaux.

Au niveau grammatical, nous pouvons citer la disparition du « ne » de la négation (tu sais pas au lieu de tu ne sais pas), l’abandon du passé simple au profit du passé composé et de l’imparfait du subjonctif au profit du subjonctif présent. Ces changements servent très souvent à « éviter » des temps verbaux très compliqués : on simplifie inconsciemment notre façon de parler. C’est le cas aussi pour certains verbes particulièrement compliqués à conjuguer et peuvent porter à confusion : c’est le cas du verbe « OUÏR ». Découvrez-le avec le génial Raymon Devos !

OUÏ DIRE …
Il y a des verbes qui se conjuguent très irrégulièrement.
Par exemple le verbe OUÏR

Le verbe ouïr, au présent, ça fait :
J’ois …J’ois …
Si, au lieu de dire  » j’entends « , je dis  » j’ois « ,
les gens vont penser que ce que je dis est joyeux;
alors que ce que j’entend peut être triste.
Il faut préciser :
 » Dieu ! que ce que j’ois est triste ! « 
J’ois …
Tu ois …
Tu ois mon chien qui aboie le soir au fond des bois ?
Il oit …
Oyons-nous ?
Vous oyez !
Ils oient.
C’est bête !
L’oie oit ? Elle oit, l’oie !
Ce que nous oyons, l’oie l’oit-elle ?
Si au lieu de dire « l’oreille », on dit « l’ouie », alors :
L’ouie de l’oie a ouï.
Pour peu que l’oie appartienne à Louis :
 » L’ouie de l’oie de Louis a ouï « 
 » Ah oui ? « 
 » Et qu’a ouï l’ouïe de l’oie de Louis ? « 
 » Elle a ouï ce que toute oie oit … « 
 » Et qu’oit toute oie ? « 
 » Toute oie oit, quand mon chien aboie le soir au fond des bois, toute oie oit : Ouah ! Ouah ! « 
Qu’elle oit, l’oie ! … »
Au passé ça fait : J’ouis …
J’ouis !
Il n’y vraiment pas de quoi !

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